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25 juillet 2025 | 3 minutes

MFK : l'heure est venue d'adopter une nouvelle politique financière

MFK : l'heure est venue d'adopter une nouvelle politique financière

La Commission européenne a présenté la semaine dernière sa proposition pour le nouveau budget à long terme : le cadre financier pluriannuel (CFP ou MFF en anglais) pour la période 2028-2034. Environ 2 000 milliards d'euros. Un montant impressionnant et, pour certains, un choc en termes de volume. Le véritable changement réside toutefois dans l'engagement politique et stratégique. Notre conseiller Roel Yska examine ce que cela signifie pour les Pays-Bas.

Alors que les CFP précédents étaient principalement axés sur la technocratie, la Commission tente cette fois-ci d'adopter une approche ciblée : autonomie stratégique (c'est-à-dire être moins dépendants des Chinois, des Russes et des Américains sur des questions importantes), innovation, capacité de défense et infrastructures transfrontalières. Dans le même temps, les instruments sont simplifiés : moins de programmes, plus de flexibilité et de place pour les dépenses axées sur les performances. Mais la présentation s'est déroulée de manière chaotique, avec des chiffres peu clairs et des modifications de dernière minute, signe que les tensions au sein de la Commission et entre les États membres sont palpables.

Pour les Pays-Bas, cette proposition est problématique à plusieurs égards. Déjà contributeur net (les Pays-Bas versent plus au budget de Bruxelles qu'ils n'en reçoivent en retour), la situation financière ne s'améliore pas : les contributions augmentent, tandis que les « rabais » accordés à ces pays sont remis en question. Dans le même temps, la Commission propose de collecter des ressources propres par le biais de nouvelles taxes européennes, notamment une taxe sur le chiffre d'affaires des grandes entreprises. Cela semble intéressant pour Bruxelles, mais cela pourrait priver les gouvernements nationaux de ressources financières. Les Pays-Bas s'opposent donc à ces projets. Non seulement d'un point de vue financier, mais aussi par principe : selon le gouvernement, la compétence fiscale appartient en premier lieu aux États membres.

Ce qui réjouit les Pays-Bas, c'est l'accent mis sur la compétitivité et l'innovation. Le nouveau fonds européen pour la compétitivité, doté de plus de 400 milliards d'euros, s'inscrit dans la lignée des précédentes demandes néerlandaises en faveur d'une politique industrielle européenne plus forte. Mais dans le même temps, des inquiétudes subsistent quant à l'équilibre : si cet argent est financé par une augmentation des charges pour les entreprises, l'effet net pourrait être négatif. Cette tension se reflète également dans la réaction des entreprises néerlandaises : les investissements dans l'innovation sont les bienvenus, mais pas s'ils s'accompagnent d'une augmentation des taxes.

L'agriculture est confrontée à un dilemme bien connu. La Commission propose d'intégrer progressivement les aides au revenu des agriculteurs dans des programmes de cohésion plus larges. À l'heure actuelle, environ 30 % du budget total de l'UE est consacré à l'agriculture. Toute réduction du budget agricole rend la proposition politiquement complexe, en particulier dans les pays où le secteur agricole est fortement représenté. La position officielle des Pays-Bas reste prudente, mais on s'attend à ce que cela devienne l'un des principaux obstacles dans les négociations.

Sur le plan géopolitique, la Commission prend clairement position. La forte augmentation des dépenses liées à la défense et l'intégration de la surveillance des frontières et de la migration dans un seul pilier général sont les signes d'un changement plus large : l'UE doit devenir moins dépendante, plus autonome et réagir plus rapidement. Cela s'inscrit dans le cadre du débat plus large sur l'autonomie stratégique, auquel les Pays-Bas participent également de manière plus active depuis peu.

Les réactions à la proposition montrent à quel point l'Europe est divisée. La Pologne, principale bénéficiaire, se montre très satisfaite. L'Allemagne qualifie le plan d'« inacceptable » et rappelle son rôle de principal contributeur net. La France cherche un équilibre. Les Pays-Bas campent pour l'instant sur leurs positions. Et c'est précisément ce qui caractérise cette phase : la proposition marque un engagement politique, pas une conclusion.

Concrètement, qu'est-ce que cela signifie ? Au cours des deux prochaines années, le processus budgétaire déterminera la position de l'UE dans un monde en mutation rapide. Pour les entreprises, les régions et les secteurs néerlandais, le moment est venu de définir leur propre stratégie. Non seulement en termes de contenu, d'innovation, d'agriculture et d'énergie, mais aussi en termes de position : qui sera à la table des négociations et qui restera sur la touche ?

Vous souhaitez savoir ce que ces propositions signifient pour votre organisation ou votre secteur ? Ou comment vous pouvez exercer une influence dans ce processus de négociation ? Contactez Roel (roel@castro.lu).